« RH » Trop ou pas assez de blabla ?

« Les RH » voilà un acronyme qui

m’évoque le pire, le rire et heureusement parfois aussi de l’espoir... au point d’avoir voulu en faire pour partie mon métier pour contribuer à réfléchir et à proposer autre chose. Un autre chose qui oblige à repenser et à recontextualiser l’obsession des idées reçues, des outils et des formules toutes faites. Un autre chose qui, en replaçant l’humain et un individualisme bien compris (un processus d’individuation, d’autonomie, de singularité), intègre pleinement le potentiel offert par celles et ceux qui cherchent et osent mettre en œuvre leur « légende personnelle », comme les profils dits atypiques.


La part de rêve et de résistance au changement


Sur les réseaux sociaux, dans nos cercles d’amis et sur les présentoirs des librairies, nous sommes constamment invités à mieux nous connaître, nous réinventer pour choisir une vie et un métier qui nous ressemblent. On fait quelques séances de coaching et hop! nous voilà plus alignés avec ce qui nous fait vraiment vibrer et qu’on ne se permettait pas de mettre en musique jusque-là.


Une perspective plutôt enrichissante, me direz-vous, ... indubitablement! Sauf que c’est sans compter sur ceux et celles qui le temps d’une procédure de recrutement ou le temps d’une carrière qu’ils conçoivent bien souvent à la base comme étant nécessairement linéaire, sont chargés de recruter pour les entreprises et les organisations.

Réinventez-vous, mais pas trop. Spécialisez-vous surtout et faites la même chose en plus intensif pendant vingt ans et puis « priez pour trouver de l’espace au sein des parois d’une boîte ». RH ne rime malheureusement pas toujours avec créativité, ouverture et esprit critique. Pourtant, quand on occupe de tels postes, on devrait être passionné par l’humain et le bien-être au travail, on devrait être suffisamment curieux, formé, et empathique que pour bien comprendre la palette de profils possibles et dans ceux-ci les nuances qui s’imposent au niveau individuel. On devrait aussi se concentrer sur le potentiel, la prospective, le « en devenir », l’adaptabilité, la rapidité et la motivation à acquérir de nouvelles compétences, plutôt que de s’en tenir à un relevé biographique strict.


Comme un effet kiss cool ou Bertie Crochue


Les RH pour moi ce sont parfois des rencontres, des expériences et des perceptions difficiles que j’ai envie de partager aujourd’hui dans un article très personnel qui n’a aucune prétention scientifique. Pourquoi? Déjà pour vous rassurer si vous avez vécu pareils échanges. Vous n’êtes donc pas le seul, nous sommes au moins deux_ ce qui me rassurera également. Ensuite, pour montrer les limites d’un certain formatage quand on travaille sur et POUR l’humain, tout en insistant sur la nécessité d’être face à des professionnels capables de questionner leurs pratiques. Enfin, un autre monde du travail est non seulement possible, mais clairement souhaitable. A nous de prendre notre place et de le co-créer. Trop de gens souffrent quand ils ont un emploi et stressent quand ils n’en ont pas.


A force de vouloir mesurer et normer, en aurions-nous oublié que nous sommes avant tout des êtres singuliers? Que nous avons le droit de chercher à nous épanouir à notre manière et de nous écarter de la voie que l’on pensait être la nôtre généralement à dix-huit ans (!) et qu’au final les différents outils de mesure ou de testing ne sont là que pour donner des indications, tout au plus des indices de compréhension et que leur vocation ne peut donc pas être dogmatique.


« Wie zoekt vindt! »


Ce n’est pas une formule trouvée sur un bout de parchemin pour transformer le plomb en or, mais l’interjection que j’ai reçue dès mon entrée sur le marché de l’emploi dans l’une des trois langues nationales belges lors d’un entretien d’embauche auprès d’une célèbre entreprise de chaudières. Comme beaucoup de jeunes fraîchement diplômés, j’ai ramé pour trouver un premier emploi. Mais « wie zoekt vindt » ou « qui cherche trouve » paraît-il, sonne encore pour moi malgré les années comme le summum de la bêtise d’un entretien mal dirigé à l’occasion duquel je m’efforçais non sans peine à trouver un intérêt à intégrer cette entreprise et à argumenter en ce sens. Mais cette personne qui ne connaissait ni mes diplômes, ni « mon marché », ni ma vie, estimait pouvoir m’envoyer sans vergogne que je n’avais qu’à chercher un emploi pour en

trouver un et par la même occasion reporter à mon niveau individuel la responsabilité du manque structurel d’emploi.


Obsession du fil rouge et absence de lâché prise


Certains recruteurs sont tellement obsédés par la programmation en général, de leur propre carrière, de leur études, du travail des autres, des repas qu’ils mangeront sur la semaine, de leurs activités à venir, qu’ils ont des posts-it et des « to do » lists pour à peu près tout. Ne pas programmer reviendrait à se déresponsabiliser. Ils aiment alors questionner la manière dont les personnes s’organisent, planifient l’opérationnel; il est alors impensable pour eux d’improviser en se fondant sur des grandes lignes et d’avoir du résultat ou de fonder des décisions sur autre chose que de la logique purement mentale.


Les émotions sont mises de côtés car considérées comme peu sérieuses et les personnes qui comme moi fonctionnent aussi à l’intuition et au ressenti sont elles aussi considérées comme trop peu précises ou comme des rêveurs sans substance... Cela fait cependant plus d’un demi-siècle que le concept d’intelligence émotionnelle a vu le jour et il peine encore à influencer de manière significative le monde de l’entreprise.


Changement et présomption d’instabilité


On peut trouver un emploi et puis avoir le besoin d’évoluer dans sa carrière.

J’ai fort heureusement pu saisir l’opportunité de travailler dans des secteurs socialement engagés et de pouvoir mettre du sens à mon action au niveau professionnel. Après quelques années réussies dans ces secteurs, vint toutefois le moment où j’ai estimé avoir fait le tour de la question et, ne voyant pas de possibilité réelle d’évoluer là-bas ni de faire évoluer ma fonction, j’ai éprouvé le besoin de bouger et d’aller vers des jobs et des modalités de contrat plus souples où on démultiplie les genres de missions et de public auquel on s’adresse. J’ai donc choisi la consultance